Zion Canal+ arrive en prime et c’est un petit séisme : le film phénomène tourné en créole, ancré dans les quartiers populaires de Pointe-à-Pitre, est programmé ce soir sur Canal+, précédé d’un making-of exclusif qui dévoile l’odyssée d’un premier long marqué par l’énergie brute et l’authenticité. Programmé à 21h, le long métrage est précédé à 20h28 du documentaire « Zion, l’aventure du film », parfait prélude pour comprendre l’ampleur du projet.

De quoi parle ce thriller guadeloupéen ?
Chris, 26 ans, vit entre petits deals, rodéos urbains et amours sans lendemain. Un caïd local, Odell, lui propose une livraison à haut risque contre un T-Max flambant neuf. Le jour J, tout déraille : un bébé est déposé devant sa porte. Commence alors une course contre la montre où l’instinct de survie se heurte à la responsabilité naissante, dans un décor social tendu où la violence n’efface jamais l’humanité. Ce pitch simple, tendu comme un arc, nourrit un suspense constamment réaliste et viscéral.
Nelson Foix : d’un court acclamé à un long au retentissement national
Zion est l’adaptation longue de Timoun Aw (« Ton gamin » en créole), court métrage signé Nelson Foix. Dès cette première version, le cinéaste posait les bases : un récit ramassé, un héros empêtré dans des déterminismes sociaux, un nourrisson en catalyseur moral. Le passage au long lui permet d’élargir le spectre : la place du père, la transmission, la pression du quartier et la tentation de l’argent facile. Surtout, Foix revendique une caméra au plus près des corps, des visages, des moteurs de T-Max et de la nuit moite guadeloupéenne. Timoun Aw a servi de laboratoire de récit mais aussi de casting et de méthode : travail avec des non-professionnels, immersion et langue créole pour ne rien aseptiser.

Une mise en scène nerveuse, une langue assumée, une île montrée sans fard
Tourné en décors naturels, en créole (et français), Zion restitue une Guadeloupe rarement filmée à cette distance-là : ports, cités, zones périphériques, routes où la vitesse frôle l’accident. Le choix du créole n’est pas cosmétique : il structure le jeu, l’écoute, la musique des voix et sublime la sensation de réel. Cette authenticité, également défendue par le making-of, explique la puissance d’identification du public caribéen comme hexagonal.
Sloan Decombes : une révélation qui porte le film sur ses épaules
Découvert par hasard lors du casting du court, Sloan Decombes (Chris) impressionne par sa présence frontale : regard méfiant, corps déjà fatigué, élans de tendresse désarmants dès qu’entre en scène l’enfant. L’acteur compose un personnage paradoxal — bravache, mais vulnérable ; en marge, mais pas coupé des siens — et soutient les scènes d’action comme les silences. Autour de lui, un ensemble solide : Cédric Valier « Zebrist » (Odell), Philippe Calodat (Joe), Axelle Delisle (Lika), et des comédiens issus du terrain, dont Don Snoop, accentuent l’impression de vérité qui irradie le film.
Récit, tension, rythme : comment Zion fabrique son adrénaline
La dramaturgie avance par blocages successifs : un deal à faire, un imprévu (le bébé), un choix moral, une riposte du milieu… Chaque séquence resserre la nasse, matérialisée par la géographie même de l’île (routes étroites, quartiers enclavés, rivages qui barrent l’horizon). La mise en scène multiplie les suivis caméra et les coupes courtes, pendant que la bande originale mêle score tendu (Brice Davoli) et titres urbains antillais. L’alliage image/son scelle un thriller de proximité où l’on « sent » la chaleur, l’odeur d’essence, la sueur et la peur.

The Jokers Films : la distribution d’un coup de poing… et Canal+ en relais
Sorti en avant-première le 14 mars dans les Antilles-Guyane, puis le 9 avril dans l’Hexagone, Zion a bénéficié d’un bouche-à-oreille fulgurant. Distributeur indépendant rompant souvent l’ordre établi, The Jokers Films a misé sur un calendrier inspiré (sortie locale dynamique, réseau salles ciblé) et une communication appuyée sur les réseaux et la presse. La diffusion Canal+ de ce soir, précédée du making-of en prime access, prolonge cet élan en offrant au film une seconde vie d’audience.
Un phénomène populaire : une note spectateurs élevée et une trajectoire au box-office rare
En salles, Zion a surpris par sa densité d’entrées par copie et son maintien dans la durée. Cumulant environ 470 000 billets, le film se classe parmi les succès indépendants de l’année, porté par une note spectateurs moyenne de 4,1/5, témoignage d’un accueil public chaleureux. Pour un premier long, dans un registre tendu et un contexte social rude, l’exploit est notable.
Identité, paternité, souveraineté : un cinéma antillais qui affirme sa voix
Au-delà des rebonds de thriller, Zion touche par ses questions : qu’est-ce qu’être père quand on n’a pas de modèle ? Comment exister quand un territoire se sent relégué, quand les inégalités et la mémoire coloniale pèsent sur le présent ? Le film ne plaque pas de discours, il laisse les images faire remonter l’orage : un bateau de croisière au loin pendant qu’un quartier suffoque, des fêtards qui s’amusent tandis que Chris, lui, trébuche. La Guadeloupe filmée n’est pas une carte postale : elle est peuple, histoire, contradictions — et dignité.
Production : du pari du créole au casting sauvage
Derrière la caméra, Nelson Foix s’entoure de Kissfilms et DACP – De l’Autre Côté du Périph’, avec l’appui de Black Moon Films et des coproducteurs télé/cinéma. Le casting, en partie non professionnel, résulte d’un maillage patient de quartiers, associations et artistes locaux. Le tournage sur l’île, entre mai et juillet, a exigé une logistique millimétrée (rodéos encadrés, nocturnes, gestion sonore en zone dense). Brice Davoli signe la musique originale, nourrie de titres caribéens (Kalash, Jahyanai, Blaiz Fayah…), qui sert la respiration des scènes d’action comme les plages d’intimité.
Le poids d’un parrain : quand Jamel Debbouze mise sur un nouveau regard
Repéré par Mohamed Hamidi, Nelson Foix croise ensuite la route de Jamel Debbouze, qui s’implique côté production et catalyse l’assemblage financier du projet. Au-delà du soutien, le pari artistique demeure : rester fidèle au créole, tourner au plus près du réel, conserver Sloan Decombes en tête d’affiche. Cette prise de risque, rare pour un premier long, explique en partie l’écho de Zion et son aura de « film qui compte ».
Focus distribution & diffusion : dates, durée, chaînes, fenêtres
Distribution salles France : The Jokers Films. Sortie Antilles-Guyane : 14 mars. Sortie nationale : 9 avril. Durée : 1h39/1h40 selon supports (écarts de mentions liées aux génériques). Diffusion Canal+ : ce soir à 21h, précédée à 20h28 par « Zion, l’aventure du film » (29 à 34 min selon les grilles). Le film circule désormais en VOD, et la chaîne accompagne le titre d’un habillage éditorial (bande-annonce, extraits, court documentaire). Ce maillage multi-fenêtres entretient la conversation autour du film et d’un cinéma antillais qui se structure.
Casting : le détail des rôles principaux
Sloan Decombes : Chris, jeune Guadeloupéen partagé entre survie et sens du devoir.
Cédric Valier « Zebrist » : Odell, caïd voisin à la tentation de mentor.
Philippe Calodat : Joe, pilier affectif vacillant.
Axelle Delisle : Lika, présence féminine dont l’influence reconfigure le regard de Chris.
Don Snoop : apparition marquante ; d’autres rôles (Tidog, Jayson, Lucie…) complètent un casting mêlant figures locales et têtes nouvelles.
Tous participent d’une même démarche : ne pas jouer « à distance », mais incarner la langue, l’accent, les gestes, les rituels — bref, une vérité sociale.

Pourquoi voir Zion Canal+ ce soir ?
Parce que c’est un film d’acteurs et de terrain, où la mise en scène de Nelson Foix transfigure une intrigue simple en dilemme moral palpitant. Parce que la musique électrise l’image sans la recouvrir. Parce que l’on y voit une Guadeloupe qui contredit les clichés. Et parce que le making-of qui précède offre un sésame pour entrer dans la fabrique d’un film indépendant devenu phénomène — un enchaînement rare à la télévision.
FAQ – ZION (Canal+)
Zion Canal+ est-il tourné en créole ?
Oui, largement, avec un mélange de créole guadeloupéen et de français, choix artistique décisif pour l’authenticité.
Qui distribue le film en salles et qui le diffuse à la TV ?
The Jokers Films pour la salle ; Canal+ pour la diffusion TV et le making-of associé.
Quelle est la durée et la date de sortie cinéma ?
Environ 1h39/1h40 ; sortie France le 9 avril après un lancement Antilles-Guyane mi-mars.
Quelle est la note spectateurs ?
La moyenne spectateurs s’établit à 4,1/5 sur une référence majeure du secteur.
Combien d’entrées a réalisé Zion ?
Environ 470 000 billets vendus en fin de carrière salle en France, un score notable pour un film indépendant.
Découvrez la bande annonce de ZION
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