Ni vue, ni connue a connu sa première mondiale samedi 15 août 2026 sur la Piazza Grande, en clôture du 79e Festival de Locarno. Le choix de cette comédie française de Marc Fitoussi ne repose pas seulement sur la réunion d’Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain. Il fait de leur face-à-face le dernier grand rendez-vous populaire d’une édition qui cherchait à rapprocher cinéma d’auteur et large public.

Pourquoi Ni vue, ni connue a fermé Locarno

La séance était programmée à 21 h sur la Piazza Grande, l’espace en plein air emblématique du festival suisse. Présenter un film à cet endroit impose une double exigence. L’œuvre doit conserver une identité de cinéma suffisamment forte pour Locarno, tout en étant immédiatement lisible pour plusieurs milliers de spectateurs. La programmation de Ni vue, ni connue répond précisément à cet équilibre.

Le film est une coproduction franco-belge portée par Avenue B Productions, France 3 Cinéma et Beside Productions. Il ne figurait pas dans la compétition pour le Léopard d’or, mais occupait une place symbolique très exposée : celle du dernier long métrage présenté sur la grande place. En programmant sa première mondiale à cet instant, le Festival de Locarno a placé le duo Huppert-Kiberlain au centre de son salut final au public.

Deux actrices, mais deux positions très différentes dans le récit

Isabelle Huppert incarne Corinne Maclou, une figurante qui enchaîne les tournages avec l’espoir d’obtenir enfin un véritable rôle. Sandrine Kiberlain joue, elle, une version d’elle-même. Leur rencontre crée donc un déséquilibre volontaire : d’un côté, une femme condamnée à rester à l’arrière-plan ; de l’autre, une actrice connue dont le nom suffit à attirer l’attention.

Ce dispositif explique pourquoi le casting ne sert pas uniquement d’argument promotionnel. Le statut réel de Sandrine Kiberlain alimente directement la fiction, tandis qu’Isabelle Huppert doit jouer l’invisibilité professionnelle malgré sa propre notoriété. Le titre du film devient ainsi un programme : Corinne est présente sur les plateaux, mais rarement regardée. La rencontre entre les deux femmes promet moins une simple alliance de vedettes qu’un jeu sur la place que le cinéma accorde à chacune.

Marc Fitoussi, réalisateur du film Ni vue, ni connue
Marc Fitoussi réalise Ni vue, ni connue. Crédit : Guillaume Christophe-Huart.

Marc Fitoussi ne réunit pas ce duo par hasard

Le réalisateur connaît déjà séparément ses deux interprètes principales. Il a dirigé Sandrine Kiberlain dans La Vie d’artiste, son premier long métrage sorti en 2007. Avec Isabelle Huppert, il a tourné Copacabana puis La Ritournelle, avant de la retrouver dans un épisode de Dix pour cent. Ni vue, ni connue rassemble donc deux lignes de sa filmographie jusque-là distinctes.

Cette continuité rend le choix de Locarno plus cohérent. Le festival ne présentait pas seulement une distribution prestigieuse, mais l’aboutissement d’un travail au long cours entre un cinéaste et deux actrices qu’il a déjà filmées. La Piazza Grande donnait à cette réunion une échelle internationale, sans transformer la comédie en production anonyme pensée uniquement autour de ses noms connus.

Un film sur la visibilité porté par des visages immédiatement reconnus

La distribution prolonge cette mise en abyme du cinéma français. Anne Marivin, Emmanuelle Bercot, Diane Kruger, Ana Girardot, Vincent Dedienne, Thomas Jolly et Hugo Becker entourent le duo principal. Mais le cœur du projet reste le contraste entre la figurante interprétée par Huppert et la célébrité que Kiberlain incarne sous son propre nom.

Le pari ressemble ainsi à celui d’autres films français récents qui utilisent une contrainte évidente comme moteur de curiosité. Le démarrage parisien de Soudain a par exemple montré qu’un positionnement exigeant n’empêche pas un premier signal commercial fort. Pour Ni vue, ni connue, Locarno teste une autre équation : rendre accessible une réflexion sur la hiérarchie des rôles grâce à deux interprètes que le public identifie immédiatement.

Quand sort Ni vue, ni connue en France ?

Contrairement aux premières informations encore incomplètes autour du film, son calendrier français est désormais fixé. Memento Distribution annonce une sortie nationale le 7 octobre 2026. Le distributeur présente une comédie de 1 h 53 et confirme également ses passages par Locarno, Toronto et le Festival du film francophone d’Angoulême, où elle doit faire l’ouverture.

  • Titre : Ni vue, ni connue
  • Réalisation : Marc Fitoussi
  • Interprètes principales : Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain
  • Première mondiale : 15 août 2026 à Locarno
  • Sortie en France : 7 octobre 2026
  • Distribution France : Memento Distribution

La soirée suisse n’était donc pas un aboutissement isolé, mais le début public d’un parcours déjà structuré. En fermant Locarno avec deux actrices associées à des cinémas très différents, le film s’offre une première promesse claire : faire de la visibilité, de la réputation et du désir d’être enfin regardée la matière même de sa comédie.

Aucun casting public annoncé pour ce film

Ni vue, ni connue est terminé et sa distribution est constituée. Cet article ne signale donc aucun recrutement lié au film. Les artistes qui cherchent une opportunité réellement ouverte peuvent consulter, sur un projet indépendant, ce casting de comédienne pour une mini-série tournée en Île-de-France. Pour structurer une démarche professionnelle au-delà d’une candidature ponctuelle, notre guide consacré à la recherche d’un agent de comédien détaille les étapes utiles.

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