Les Enfants vont bien arrive en salles le 3 décembre et réunit à nouveau Camille Cottin et Nathan Ambrosioni autour d’un drame familial tendu par le vertige d’une disparition volontaire. Le film (1h51) suit Jeanne, soudain chargée des enfants de sa sœur Suzanne, évaporée après une visite nocturne. Sobriété de la mise en scène, jeu en clair-obscur et regard aimanté vers celles et ceux qui restent : le cinéaste prolonge la veine sensible ouverte par Toni en famille, tout en l’amenant vers un territoire plus âpre.

Les Enfants vont bien : la disparition volontaire, un sujet rarement exploré au cinéma
Ambrosioni ancre son récit dans un phénomène social peu traité par la fiction : la disparition choisie. En France, près de 15 000 personnes partent ainsi chaque année « sans que la police ne puisse intervenir si ce départ est le fruit de leur choix », rappelle le réalisateur dans le dossier de presse. Plutôt que d’enquêter, le film observe le trou laissé dans la vie de Jeanne et des enfants, et questionne le droit à l’oubli autant que la légitimité de la colère des proches. Cette approche d’« histoire de fantôme » — une présence qui se dérobe mais hante chaque plan — structure la mise en scène : cadres à distance, vitres et reflets, silences porteurs d’angoisse et de douceur mêlées.
Camille Cottin : précision, retenue et résonance émotionnelle
En Jeanne, Camille Cottin compose une figure intérieure, presque opaque, marquée par une « préoccupation permanente » que le cinéaste avait envie d’embrasser après Toni en famille. Sans surligner les affects, elle laisse affleurer la fatigue, l’instinct protecteur, la lucidité… et la peur d’être illégitime auprès de ces enfants qui ne sont pas les siens. Le rôle s’écrit dans les interstices : un regard, un temps de silence, un souffle retenu. Les propos du dossier de presse comme de l’actrice confirment cette direction de jeu minimaliste et frontale.

Nathan Ambrosioni : un geste de cinéma clair et sensible
Troisième long métrage d’un auteur de 26 ans déjà sûr de son cap, Les Enfants vont bien resserre l’espace et dilate le temps estival pour capter l’état d’attente, la stupeur et la réorganisation intime. Ambrosioni décrit lui-même un film de deuil impossible, où l’objectif est de « regarder ceux qui restent » plutôt que d’expliquer l’inexplicable. Sa recherche documentaire (policier, assistante sociale, juge aux affaires familiales) nourrit la justesse des scènes administratives et familiales, quand sa collaboration avec le compositeur Alexandre de La Baume installe une musique discrète, presque atemporelle (piano, clarinette), au service d’un trouble diffus.
Juliette Armanet, présence-fantôme, et la constellation féminine avec Monia Chokri
Suzanne, figure fuyante jouée par Juliette Armanet, n’apparaît que par éclats, mais irradie le récit. Le film s’écrit depuis son absence — son mot laissé à Jeanne, son retrait inintelligible — et depuis les gestes que cette désertion impose aux autres. À ses côtés, Monia Chokri incarne Nicole, ex-compagne de Jeanne, « pommade » pour les enfants sans effacer l’âpreté de la situation. Le trio Cottin/Chokri/Armanet — actrice, réalisatrice-actrice et musicienne — offre l’hybridité que souhaitait Ambrosioni, à la croisée de sensibilités qui enrichissent la texture du film.
Manoa Varvat et la jeunesse à l’épreuve : deux enfants, deux temporalités
La fratrie formée par Margaux (Nina Birman) et Gaspard (Manoa Varvat) donne sa colonne vertébrale émotionnelle au film. Les auditions ont révélé une réception différente du récit selon l’âge et le genre, que le réalisateur a voulu préserver à l’écran : chez les filles, une présence au présent ; chez les garçons, une projection mélancolique. De là naît une dynamique singulière entre les deux enfants : soudés mais dissonants, unis par l’épreuve mais séparés par la manière de l’habiter. Ambrosioni filme leurs étés comme une parenthèse infinie, distordue, où la lumière ne suffit pas à dissiper la sidération.
Dans le film Manoa Varvat livre une interprétation d’une justesse touchante, portée par un regard d’une intensité rare que Nathan Ambrosioni a su magnifier. À noter qu’il est le petit frère de la comédienne Katell Varvat, dont il suit déjà les traces avec un naturel qu’ont certain enfants acteurs, de réelles compétences d’acting innées, et une élégance de jeu qui laissent présager un parcours prometteur.

Distribution & casting : StudioCanal en France, relais en Suisse et au Canada
En France, Les Enfants vont bien est distribué par StudioCanal, pour une sortie nationale le 3 décembre (durée : 1h51). En Suisse, la sortie est assurée par Frenetic Films (press kit), et au Canada, TVA Films présente le film dans son catalogue francophone. Côté production et équipe : scénario et montage de Nathan Ambrosioni, image de Victor Seguin (AFC), musique originale d’Alexandre de La Baume, production de Nicolas Dumont et Hugo Sélignac pour Chi-Fou-Mi Productions, en coproduction avec France 2 Cinéma. Au casting : Camille Cottin (Jeanne), Juliette Armanet (Suzanne), Monia Chokri (Nicole), Nina Birman (Margaux), Manoâ Varvat (Gaspard), Guillaume Gouix, Myriem Akheddiou, Frankie Wallach et Féodor Atkine.
Parcours en festivals et distinctions
Présenté au Festival du film francophone d’Angoulême, le long métrage a décroché le Valois de diamant, plus haute distinction du palmarès 2025, accompagné d’une Mention spéciale du jury pour les prestations de Manoâ Varvat et Nina Birman. Le film a également fait l’objet d’avant-premières (Sarlat, circuits art et essai) avant sa sortie. Ces jalons confortent la place d’Ambrosioni parmi les jeunes auteurs français à suivre.

Ce que le film raconte vraiment : faire famille malgré l’irrésolution
La force de Les Enfants vont bien tient dans sa manière de regarder l’après. Ni enquête, ni « film à énigme », mais l’apprentissage d’une famille qui se construit sans promesse de réponse. Jeanne ne « remplace » pas Suzanne ; elle invente, au jour le jour, une place juste : tante, tutrice, roc fragile. La caméra tient la distance, laisse le temps au hors-champ de s’imposer, tandis que la musique refuse le pathos. Ce refus du spectaculaire permet au film d’être profondément humain : il n’excuse pas, il n’accuse pas ; il constate, accompagne, apaise parfois.
FAQ – Les Enfants Vont Bien
Le film est-il adapté d’une œuvre préexistante ?
Non. Le scénario original de Nathan Ambrosioni est nourri d’une recherche documentaire et d’une inspiration venue d’une pièce (Disparu, de Cédric Orain) qui l’a poussé à explorer la disparition volontaire, sans en faire une adaptation.
Quelle est la durée et la date de sortie en France ?
La durée est de 1h51, sortie nationale le 3 décembre.
Qui distribue Les Enfants vont bien à l’international ?
StudioCanal assure la France ; Frenetic Films distribue en Suisse ; TVA Films le référence pour le Canada. Les ventes internationales passent par le réseau de StudioCanal.
Quelles récompenses a déjà obtenu le film ?
Valois de diamant à Angoulême 2025 et mention spéciale du jury pour Nina Birman et Manoâ Varvat.
Découvrez la bande annonce de Les Enfants Vont Bien
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