Le Royaume est sur Netflix depuis le 13 février 2026 et le timing était parfait : ce premier long-métrage de Julien Colonna, présenté à Cannes, revient sur le devant de la scène avec un atout majeur — un casting à contre-courant, façonné loin des circuits habituels. En salles, le film était sorti le 13 novembre 2024 ; en streaming, il vise désormais un public plus large, curieux de découvrir une distribution qui mise sur la présence, les silences et une vérité de terrain.

Dans un paysage VOD dominé par les têtes d’affiche, Le Royaume parie sur l’inverse : des interprètes corses, souvent non-professionnels, choisis pour ce qu’ils dégagent avant même de “jouer”. Un choix artistique qui explique une grande partie de la force du film… et qui mérite qu’on s’attarde sur qui joue qui, et surtout pourquoi ça fonctionne.

Présentation générale du programme

L’histoire se situe en Corse, en 1995 : Lesia, adolescente, est conduite dans une villa isolée où son père Pierre-Paul se cache, entouré de ses hommes. Une guerre de clans s’intensifie, la violence se rapproche, et père et fille se retrouvent contraints à une cavale qui va transformer leur relation .

Ce résumé dit l’essentiel, mais Le Royaume se distingue par sa façon de raconter : l’intrigue avance autant par la tension que par l’observation. Et cette approche “à hauteur de Lesia” impose un prérequis : une distribution capable d’exprimer beaucoup sans surligner, de faire exister un monde par une démarche, une façon de se taire, un regard.

Casting et distribution : acteurs principaux

Ghjuvanna Benedetti (Lesia), le visage qui porte tout le film

Le film repose sur une évidence de casting : Ghjuvanna Benedetti incarne Lesia . Elle n’est pas “l’adolescente qui subit” : elle est le point de vue, la boussole morale, la sensibilité qui capte les micro-signaux du clan. Dans une mise en scène volontairement parcimonieuse en dialogues, son jeu devient un langage.

Ce choix a été largement salué : Ghjuvanna Benedetti a notamment été sacrée Révélation féminine aux Prix Lumières 2025 , ce qui confirme à quel point la distribution du film a créé une nouvelle figure à suivre.

Ce qui frappe chez elle, c’est la combinaison rare entre fragilité apparente et solidité intérieure : Lesia comprend plus qu’on ne le pense, mais elle garde tout “à l’intérieur”, et le film a besoin d’une actrice capable d’habiter cet entre-deux.

Saveriu Santucci (Pierre-Paul), un père “roi” sans l’ombre d’un cliché

Face à elle, Saveriu Santucci joue Pierre-Paul . Le personnage pourrait être une caricature de chef de clan ; le casting en fait un homme opaque, fatigué, parfois brutal, souvent insaisissable. Il n’a pas besoin d’en faire trop : sa simple présence suffit à créer la menace… et le manque.

Le duo père-fille est l’architecture entière du film. Et la distribution est pensée pour ça : deux interprètes capables de raconter une affection empêchée, une tendresse maladroite, sans passer par le discours.

Anthony Morganti (Ste) et Andrea Cossu (Santu), les piliers du clan

Autour du duo central gravite une garde rapprochée. Anthony Morganti interprète Ste : un homme de l’ombre, le type de personnage dont la loyauté se lit sur une réaction, une seconde de trop, une mâchoire qui se crispe. Andrea Cossu joue Santu , autre figure essentielle du clan, utile pour matérialiser la mécanique collective : ici, personne n’existe seul, et la distribution sert précisément à donner corps à ce “nous” masculin qui entoure Pierre-Paul.

Un détail qui change tout : un casting taillé pour le silence

Julien Colonna explique que la narration privilégie les corps, les visages, les gestes, et que cela a influencé le casting : il fallait des “natures” fascinantes à filmer, sans s’appuyer sur le verbe . Dit autrement : dans Le Royaume, un bon casting n’est pas celui qui sait briller en réplique — c’est celui qui sait exister quand il ne parle pas.

Seconds rôles et personnages additionnels

Le film déploie un ensemble très cohérent, avec des rôles identifiés qui densifient le monde autour de Lesia et Pierre-Paul. Parmi les personnages et interprètes listés dans les supports officiels :

  • Frédéric Poggi (Petru) : présence de terrain, la “fonction” clanique incarnée avec naturel.

  • Régis Gomez (Ghjasé) : un relais dramatique, souvent associé à la montée de tension.

  • Eric Ettori (Jeannot) : une figure qui aide à dessiner l’écosystème masculin autour du père.

  • Thomas Bronzini (Joseph) : un maillon du groupe, essentiel pour rendre crédible l’effet de meute.

  • Pascale Mariani (Louise) : un contrepoint, précieux pour ouvrir l’espace émotionnel hors des hommes.

  • Attilius Ceccaldi (César), Ghjuvanni Biancucci (Romain), Joseph Pietri (Thomas), Marie Murcia (Marianne), Alexandre Joannides (Laurent), Toussaint Martinetti (Fred) : autant de rôles qui donnent de la profondeur au récit, et surtout une impression de communauté réelle.

Ce qui est remarquable : même les seconds rôles ne cherchent pas “l’effet”. La distribution est homogène, comme si chaque visage venait du même territoire — et c’est précisément ce qui rend le film si crédible.

Secrets de casting, coulisses et choix artistiques

Huit mois de recherche et un casting “sauvage” à l’échelle de la Corse

L’élément le plus commenté, mais rarement détaillé : le casting s’est construit sur la durée. Le dossier de presse évoque huit mois de recherche, avec un casting sauvage dans toute la Corse, piloté par plusieurs directrices de casting, et des centaines de personnes vues avant sélection .

Une fois le duo principal choisi, le film ne s’est pas contenté de “tourner” : ateliers, préparation sur plusieurs mois, travail entre la Corse et Paris, pour permettre à Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci de prendre confiance et de bâtir leur relation de jeu . C’est une méthode qu’on associe souvent aux films qui cherchent la vérité des liens — et ici, ça se voit.

Pourquoi ce casting non-professionnel est un choix de mise en scène

Ce n’est pas un gimmick marketing. Colonna le relie directement à sa grammaire : peu de dialogues, beaucoup d’observation, et une caméra qui doit pouvoir filmer des comportements “vrais” . D’où l’idée de choisir des profils capables d’être eux-mêmes devant l’objectif, puis de les amener vers une interprétation structurée.

Un film nourri par l’intime : quand le casting devient un filtre émotionnel

Le Monde rappelle combien Le Royaume puise dans une matière personnelle, liée à l’histoire du réalisateur et à la figure paternelle, tout en revendiquant une fiction . Dans ce contexte, le casting n’est pas un simple assemblage : c’est un filtre. Il fallait des acteurs capables de porter une charge émotionnelle sans démonstration, de faire sentir l’héritage, le secret, la transmission.

Réalisation et production

Côté fabrication, le film aligne une équipe technique qui sert pleinement la direction d’acteurs : Julien Colonna réalise et co-écrit avec Jeanne Herry, la photo est signée Antoine Cormier, la musique originale Audrey Ismaël, et le montage partagé entre Albertine Lastera et Yann Malcor .

La production est assurée par Chi-Fou-Mi Productions, avec une distribution cinéma Ad Vitam . Un détail important pour l’angle “distribution” au sens large : le film compte aussi la participation de CANAL+ et Netflix , ce qui éclaire sa trajectoire : d’abord la légitimation festival/salles, puis l’élargissement public en streaming.

Réception critique et impact culturel

Le Royaume a été présenté à Cannes 2024, Un Certain Regard, comme premier film — une vitrine qui a immédiatement placé la distribution sous projecteurs. La presse a souvent insisté sur l’intensité du duo central et sur la cohérence de la troupe, et le film a continué d’exister au-delà des salles grâce aux récompenses.

Côté distinctions, Ghjuvanna Benedetti a été distinguée aux Lumières 2025 , et le film a reçu le Prix Claude Chabrol à Reims Polar 2025 . Il figure aussi parmi les films nommés au César du Meilleur premier film (nominations 2025) .

Et en termes d’audience salles, Le Royaume s’inscrit dans ces premiers films qui trouvent leur public sans être des machines : la presse pro le situe autour de 150 000+ entrées — un socle solide pour un long-métrage porté par une distribution sans vedettes “formatées”.

Culturellement, le film participe à une représentation plus nuancée de la Corse : ni carte postale, ni folklore. Et là encore, le casting est décisif : ce sont les visages, les accents, les corps qui donnent le sentiment d’un territoire réel, pas d’un décor.

Pourquoi ce casting fonctionne si bien aujourd’hui

Parce qu’il va à rebours du réflexe “tête d’affiche = clic”. Sur Netflix, Le Royaume peut intriguer précisément pour ça : un duo inconnu du grand public, une troupe cohérente, une sensation de véracité.

Le film réussit un équilibre rare : d’un côté, une histoire de clan et de cavale qui pourrait appartenir à un thriller ; de l’autre, un récit d’apprentissage où l’émotion naît d’un détail, d’un silence, d’un geste. Cette alchimie dépend entièrement de la distribution — et la méthode (casting sauvage, ateliers, préparation longue) explique pourquoi l’ensemble tient : les acteurs ne “surjouent” pas la violence, ils la portent comme un état, presque comme une météo.

FAQ

Qui joue Lesia dans Le Royaume ?

Lesia est incarnée par Ghjuvanna Benedetti . Son interprétation a été distinguée aux Lumières 2025 avec un prix de révélation .

Qui joue le père, Pierre-Paul ?

Le rôle de Pierre-Paul est tenu par Saveriu Santucci . Il forme avec Benedetti un duo central construit sur la retenue et les non-dits.

Le casting est-il composé d’acteurs professionnels ?

En grande partie, le film s’appuie sur des interprètes corses, souvent non-professionnels, sélectionnés via un long processus de casting . Cette approche sert le naturalisme du film.

Comment Julien Colonna a-t-il choisi sa distribution ?

Le dossier de presse évoque huit mois de recherche et un casting sauvage à travers la Corse, avec de nombreux call-backs . Les acteurs principaux ont ensuite suivi des mois de préparation et d’ateliers .

Quand Le Royaume arrive-t-il sur Netflix en France ?

Le film est sur Netflix depuis le 13 février 2026 . Une arrivée VOD qui peut relancer l’intérêt autour de sa distribution.

Où revoir Le Royaume en dehors de Netflix ?

Le film a eu une exploitation salles et circule aussi via des circuits VOD/chaînes selon les périodes, avec CANAL+ et Netflix cités parmi les partenaires . La disponibilité exacte dépend des fenêtres de diffusion.

Notre conclusion

Avec Le Royaume, Julien Colonna signe un film où la réussite ne tient pas à une formule de scénario, mais à une évidence : le casting est le récit. Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci imposent un duo père-fille d’une intensité rare, tandis que la troupe corse donne au film sa texture, sa crédibilité, sa respiration.

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LE ROYAUME Bande Annonce (2024)

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