La Condition, drame d’époque adapté d’Amours de Léonor de Récondo, revient sur l’emprise et la violence invisibilisée au sein d’un foyer bourgeois en 1908. Réalisé par Jérôme Bonnell, le film réunit Swann Arlaud, Galatéa Bellugi, Louise Chevillotte et Emmanuelle Devos, et sort au cinéma le 10 décembre (1h43). En France, la distribution est assurée par Diaphana, avec Playtime aux ventes internationales.

La Condition : un choc sensible sur l’ordinaire de la domination
Au cœur du récit, deux femmes « que tout sépare » mais que réunit un même toit : Céleste, jeune bonne discrète, et Victoire, épouse enfermée dans un rôle social impossible. En observateur méthodique, Bonnell met à nu l’ordinaire d’une violence intime : pressions, coercition, viol conjugal, et culpabilisation, loin des clichés du « monstre de ruelle ». Le film installe une position inconfortable : épouser par instants le regard d’André (Swann Arlaud) sans en excuser la brutalité, pour obliger le spectateur à situer ses propres angles morts.
Violence masculine : un traitement frontal, jamais tapageur
Bonnell privilégie la durée des regards, l’économie de gestes et le cadre pour faire sentir les mécanismes d’emprise. La mise en scène refuse l’illustration spectaculaire ; elle nomme, et laisse les conséquences infuser dans les corps. Plusieurs critiques pointent cette approche « classique mais incisive » où une grossesse clandestine vient rebattre les relations de pouvoir et enclencher une forme de sororité.
Jérôme Bonnell : intentions, adaptation et contexte
Quatre ans après Chère Léa, le cinéaste s’empare d’Amours (2015) pour interroger la place des femmes dans une société corsetée et les angles morts d’un patriarcat quotidien. L’œuvre de Léonor de Récondo — couronnée par le Prix des Libraires et le Grand Prix RTL-Lire 2015 — nourrit l’écriture du scénario en posant un cadre romanesque d’une précision redoutable (Bourges, 1908, huis clos domestique, héritier attendu). Bonnell en tire une adaptation resserrée et empathique, centrée sur l’éveil de Céleste et le basculement de Victoire.

Distribution & diffusion (Diaphana Distribution) : date de sortie, durée, festivals
Le film sort en France le 10 décembre 2025 (durée : 1h43), distribué par Diaphana Distribution et produit par Diaphana Films (prod. Michel Saint-Jean). Les ventes internationales sont confiées à Playtime. Une présentation en avant-première figure au Festival du film francophone d’Angoulême. Des supports presse (affiche, photos, dossier) sont mis à disposition par le distributeur.
Casting : Swann Arlaud, Galatéa Bellugi, Louise Chevillotte, Emmanuelle Devos
Le quatuor principal concentre l’émotion et la tension morale :
Swann Arlaud (André) module l’entre-deux glaçant d’un « homme bien » dont la violence se niche dans l’intime.
Galatéa Bellugi (Céleste) traverse le film de sa réserve et de sa combativité naissante.
Louise Chevillotte (Victoire) incarne le tiraillement entre norme sociale et désir de se réinventer.
Emmanuelle Devos (Mathilde) impose un silence douloureux, fait de regards et de refus.
Autour d’eux : François Chattot, Camille Rutherford, Aymeline Alix et Jonathan Couzinié complètent le générique.

La Condition : l’écriture visuelle et sonore au service des personnages
Le dispositif formel confirme la volonté d’« observer sans souligner ». Pascal Lagriffoul (AFC) signe une image feutrée mais incisive, qui valorise les textures (boiseries, tissus, peaux) et les frontières des pièces ; Julie Dupré sculpte les silences au montage, tandis que la partition de David Sztanke accompagne discrètement la montée des tensions. Les costumes de Céline Guignard-Rajot et les décors de Catherine Jarrier-Prieur rendent palpable le poids du décor social.
Où et comment La Condition s’est faite
Le projet, développé par Diaphana Films et soutenu par des partenaires historiques du cinéma d’auteur, a connu une phase d’écriture étalée, avant un tournage réalisé en décors naturels et en intérieurs d’époque. Des éléments de production indiquent un tournage en Normandie et un accompagnement régional, ainsi qu’une stratégie de sortie hivernale pour rencontrer un public d’art et essai. (Déduction recoupée par des annonces de production sur le film à l’été 2024.)

Ce que le film raconte vraiment
Au-delà des faits (le viol conjugal, la grossesse, l’arrangement tacite), le film documente la mise au pas : l’intériorisation de la honte, la culpabilité imposée aux victimes, l’usage de la politesse et du statut pour annihiler la parole des femmes. L’autre face du récit est celle d’une résistance : gestes de secours au quotidien, pactes silencieux, substitution du lien maternel, et, au bout, la possibilité d’un départ. Les critiques saluent une œuvre « classique » dans sa forme, mais percutante par sa lucidité.
Ce que l’on retient en sortant de La Condition
L’impression d’avoir vu une histoire de pouvoir plus que de passions. 2) La densité d’un jeu d’ensemble où chaque actrice porte une facette de l’oppression. 3) La finesse avec laquelle la mise en scène évite le voyeurisme. 4) La foi dans une sororité possible, fragile mais active, comme le soulignent plusieurs médias culturels.
Fiche express
Titre : La Condition
Sortie France : 10 décembre 2025
Durée : 1h43
Réalisation/Scénario : Jérôme Bonnell
D’après : Amours (L. de Récondo), Prix des Libraires & Grand Prix RTL-Lire 2015
Distribution France : Diaphana Distribution
Ventes internationales : Playtime
Image : Pascal Lagriffoul (AFC)
Montage : Julie Dupré
Musique : David Sztanke
Décors : Catherine Jarrier-Prieur
Costumes : Céline Guignard-Rajot
Casting : Julien Grossi
Avec : Swann Arlaud, Galatéa Bellugi, Louise Chevillotte, Emmanuelle Devos…
FAQ – La Condition
La Condition est-il fidèle au roman Amours ?
Le film suit la trame et l’époque du livre (1908, huis clos bourgeois, grossesse de la bonne), mais concentre davantage le point de vue sur Céleste et Victoire, avec un traitement épuré de la violence.
Qui distribue le film et quelle est la durée ?
La distribution France est assurée par Diaphana Distribution. La durée officielle est 1h43.
Où a-t-il été montré en avant-première ?
Au Festival du film francophone d’Angoulême dans la section Avant-premières.
Qui signe l’image et la musique ?
Pascal Lagriffoul (AFC) à la photographie et David Sztanke à la musique.
Le film contient-il des scènes explicites ?
La mise en scène suggère plus qu’elle ne montre ; elle s’attache à l’après-coup et aux mécanismes d’emprise, sans esthétiser la violence.
Découvrez La bande annonce de La Condition
A LIRE AUSSI :
VOIR TOUTES LES NEWS AUDIOVISUELLES

