Grèves audiovisuel 2025 — ces quatre mots ont rythmé la rentrée des plateaux. Entre appels intersyndicaux, préavis reconductibles et mouvements spécifiques à certains tournages, septembre puis octobre ont vu la mobilisation s’installer dans la durée. Objectif affiché : dénoncer l’austérité, exiger un refinancement de l’audiovisuel public et faire respecter les droits (salaires, temps de travail, heures sup, conditions de préparation) sur les fictions et les émissions. Dans cet article, on cartographie les faits saillants, les productions impactées, les mots d’ordre et les pistes de sortie de crise — avec des points datés sur les semaines clés.

grèves audiovisuel 2025 sur les tournages en France
Rassemblement de technicien·nes et artistes devant un studio francilien, automne 2025

Une rentrée sous tension : de la mobilisation du 10/09 au 18/09… puis au 02/10

Dès le 10 septembre, la CGT Spectacle et d’autres organisations ont appelé à une première journée d’action, vite suivie d’une montée en puissance le 18 septembre. Ces journées, interpro, ont agrégé le monde de la culture et des médias (public et privé) autour d’un même réquisitoire contre les coupes budgétaires et la réforme de l’audiovisuel public. Les préavis déposés à France Télévisions (CGT, CFDT, SNJ, SUD) ont servi de boussole aux rédactions et aux unités de production, avec des perturbations variables selon les sites. Le 2 octobre, une nouvelle journée intersyndicale a prolongé l’effort de mobilisation, confirmant que la rentrée ne serait pas « business as usual ».

Ce que réclament les syndicats (public/privé)

Côté audiovisuel public, les revendications portent sur le retrait de la réforme structurelle, l’arrêt des coupes et un plan de refinancement. Côté plateaux privés (fictions, magazines, animation), les mots d’ordre insistent sur la hausse des minima, le respect strict du droit du travail (durées max, repos, heures sup), et l’arrêt du « découplage » qui tire les rémunérations vers le bas dans certaines branches. Au sein des appels intersyndicaux, on retrouve systématiquement l’idée que l’austérité ne peut pas servir de variable d’ajustement à la création et à l’information.

Cartographie express des impacts : studios, séries quotidiennes, fictions prestige

Les journées du 10 et du 18 septembre ont touché un arc large de l’écosystème. Dans un bilan consolidé après ces deux dates, le SPIAC-CGT a recensé des arrêts ou débrayages dans des sociétés et sur des plateaux très variés : Plus belle la vie, Un si grand soleil, Alex Hugo, Le Voyageur, mais aussi des mini-séries, du documentaire, des ateliers de mixage, des loueurs techniques et des sociétés d’animation. Même des projets estampillés plateformes ont été concernés, comme la série La Cage (Netflix). Cette cartographie montre un mouvement diffus qui dépasse la seule sphère publique.

grèves audiovisuel 2025 sur les tournages en France
Rassemblement de technicien·nes et artistes devant un studio francilien, automne 2025

Zoom « grèves tournages » : le cas Quasimodo, symptôme d’un malaise de préparation

Le 25 septembre, le syndicat des techniciens a apporté un soutien explicite à des salarié·es en grève sur le long métrage Quasimodo (Radar Films – groupe Mediawan, pour Netflix). Les revendications portaient sur le paiement d’heures supplémentaires « très nombreuses », le droit à la déconnexion, des effectifs suffisants en déco, et des délais de paiement raisonnables pour les fournisseurs. Ce cas illustre un point de crispation récurrent : la phase de préparation où les charges explosent, nourrissant fatigue, dépassements et tensions sociales.

Septembre 2025 : un palier atteint dans la mobilisation interpro

Au-delà du seul secteur, la grande journée du 18 septembre a réuni éducation, transports, énergie, télécoms… avec l’audiovisuel public en bonne place. Ce contexte a permis à la culture et aux médias d’obtenir une visibilité nationale : plus de 250 manifestations annoncées, des perturbations importantes et un effet d’entraînement sur les semaines suivantes. Pour les producteurs et diffuseurs, l’enjeu a été de replanifier intelligemment (décalages d’unités de tournage, reprogrammation des plateaux), tout en entretiennant le dialogue social pour éviter la reconduction à chaud.

Octobre 2025 : « calendrier grèves octobre » et consolidation des mots d’ordre

Le 2 octobre, nouvelle journée d’action : cortèges partout en France, fortes précautions de sécurité et perturbations attendues en ville. Dans la culture, un préavis intersyndical couvre l’ensemble du mois d’octobre afin de permettre des actions coordonnées dans les établissements et entreprises, y compris les studios et plateaux. Autrement dit, le risque de grève reconductible existe, au gré des négociations locales (salaires, équipes, heures sup) et des annonces gouvernementales sur le budget.

Quels scénarios pour la suite ? Trois trajectoires possibles

  1. Désescalade négociée : revalorisation ciblée de grilles, engagements sur le respect du temps de travail et moratoire sur certains projets de réforme touchant l’audiovisuel public.

  2. Tensions intermittentes : alternance de journées d’action et d’accords site par site ; les plateaux reprennent mais avec des clauses internes plus strictes (astreintes, repos, heures sup).

  3. Conflit dur : si les arbitrages budgétaires ne bougent pas, multiplication d’arrêts de travail techniques (transport, déco, machinerie) susceptibles d’immobiliser des fictions en région et en IDF.

Dans les trois cas, l’arbitrage se jouera autant à Matignon (calendrier budgétaire) que dans les commissions paritaires de branche (minima, conditions), sans oublier les directions des groupes publics.

« Intermittents du spectacle » : pourquoi la rentrée 2025 réactive tous les signaux d’alerte

grèves audiovisuel 2025 sur les tournages en France
Rassemblement de technicien·nes et artistes devant un studio francilien, automne 2025

La mobilisation actuelle ne sort pas de nulle part : elle prolonge deux ans de tensions sur les salaires (mouvement +20%), de crispations autour du « découplage » dans la production audiovisuelle, et d’inquiétudes récurrentes sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle. Avec le retour de l’austérité dans le débat, beaucoup de technicien·nes et artistes estiment que le modèle de production française est sous-financé au regard des ambitions éditoriales et des cadences exigées. D’où la stratégie de grèves ciblées sur des tournages en France très visibles, capables de faire bouger plus vite les lignes.

Quelles productions ont été le plus exposées en septembre ?

Les séries quotidiennes (cadences élevées, équipes larges) comme Plus belle la vie et Un si grand soleil sont mécaniquement plus sensibles aux débrayages. Dans la fiction événement, des titres comme Alex Hugo ou Le Voyageur figurent aussi parmi les points de mobilisation signalés par les organisations professionnelles. Même des projets destinés aux plateformes — La Cage (Netflix) — apparaissent dans les listes syndicales, montrant que le conflit dépasse la télévision linéaire pour toucher l’écosystème streaming.

« Tournages en France » : comment limiter la casse côté production

  • Replanifier intelligemment : déplacer des séquences « lourdes » (cascade, foule, figuration) hors des journées à risque ; garder des scènes dialoguées en décor contrôlé.

  • Négocier en amont : réunions RH/syndicats pour verrouiller le cadre (temps de travail, équipe, heures sup payées) et documenter les engagements.

  • Prévoir un budget de contingence : +3 à +5 % dédiés aux surcoûts calendrier et à la logistique (déplacements, remplacements, rattrapage).

  • Soigner la préparation : la plupart des crispations partent de la prépa (déco, régie, costumes). Allonger raisonnablement les délais et sanctuariser les réunions d’articulation évite les heures « grises » non reconnues.

  • Communication claire : informer diffuseurs et partenaires publics des arbitrages de planning pour sécuriser les fenêtres d’antenne et les dates de remise.

L’audiovisuel public dans la tempête : quels enjeux spécifiques ?

Pour France Télévisions (et, plus largement, l’audiovisuel public), la question n’est pas uniquement sociale : elle est stratégique. Les syndicats dénoncent la perspective d’une réforme structurelle et d’économies supplémentaires, jugées incompatibles avec les missions de service public (information, proximité, culture). D’où des préavis très clairs les 10 et 18 septembre et une présence annoncée pour le 2 octobre. Les directions doivent donc arbitrer entre impératifs budgétaires et continuité éditoriale, sous l’œil des tutelles… et des équipes.

Octobre en vigilance accrue : « calendrier grèves octobre » et fenêtres sensibles

Avec un préavis couvrant le mois côté Culture et une interpro très mobilisée, certaines fenêtres d’octobre sont plus délicates :

  • semaines de tournage extérieur en centre-ville (risque de restrictions/logistique le jour J) ;

  • plateaux en région dépendant de filières locales (stages, location, transport) ;

  • multicam d’émissions en public (accueil, sécurité, technique).
    Les productions peuvent se donner de l’air en réduisant la dispersion (moins de décors par jour), en priorisant le son/image (éviter les dépassements « invisibles ») et en mutualisant certaines équipes d’astreinte.

Que regarder côté décideurs ? Cinq indicateurs clés

  1. Taux de suivi sur les sites sensibles (studios, loueurs, post-prod).

  2. Signalements syndicaux (listes de plateaux touchés publiées par les organisations).

  3. État des négociations de branche (minima, temps de travail, « découplage »).

  4. Arbitrages budgétaires nationaux impactant l’audiovisuel public.

  5. Climat social local (prépa déco/régie) — meilleur prédicteur d’un arrêt soudain.

Ce que disent les journées du 10, 18 septembre et du 2 octobre

  • 10 septembre : mise en jambe, validation d’une base revendicative commune culture/médias.

  • 18 septembre : point haut interpro, visibilité nationale, culture pleinement intégrée au mouvement.

  • 2 octobre : maintien de la pression, sécurisation accrue des cortèges et signaux d’une mobilisation durable.
    La question n’est plus de savoir s’il y a conflit, mais comment en sortir avec un cadre d’organisation du travail plus solide et des financements à la hauteur des ambitions éditoriales.


FAQ – Grèves audiovisuel 2025

Quelles productions ont été directement touchées par les grèves en septembre ?

Les listes syndicales mentionnent des feuilletons quotidiens (Plus belle la vie, Un si grand soleil), des fictions comme Alex Hugo/Le Voyageur, ainsi que des projets plateformes (ex. La Cage). D’autres sites (studios, loueurs, post-prod) ont aussi connu des débrayages.

Le cas Quasimodo est-il isolé ou révélateur ?

Révélateur : il met en lumière la préparation des tournages (déco/régie) où s’accumulent heures sup non payées et charges mal calibrées. Les revendications portent sur le paiement, les effectifs et la déconnexion.

Pourquoi parle-t-on autant de l’audiovisuel public ?

Parce qu’il est au cœur d’une réforme structurelle et d’un débat budgétaire. Les syndicats réclament un plan de refinancement et le retrait du projet, d’où des préavis spécifiques chez FTV et Radio France.

Le 2 octobre a-t-il des conséquences concrètes pour les tournages ?

Oui : circulations perturbées, accès compliqués à certains centres-villes, potentiels débrayages techniques. Les productions déplacent les scènes extérieures ou réduisent l’ampleur des plans.

Quelles bonnes pratiques pour tenir un planning en période de grève ?

Négocier en amont (cadre social clair), renforcer la prépa, lisser les journées lourdes, prévoir un buffer budgétaire, sécuriser les séquences sensibles en dehors des journées à risque, et communiquer avec les équipes.


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