Aaron Sorkin a choisi de ne pas faire apparaître Donald Trump, son nom ni les signes MAGA dans The Social Reckoning. Dans un entretien à Vanity Fair relayé par Les Inrocks le 1er octobre, le réalisateur précise que cette décision vient de lui. Il ne la présente pas comme une demande du studio.
Ce choix peut surprendre pour un film consacré à Facebook et à ses effets sur la polarisation américaine, dans un récit lié au 6 janvier 2021. La réponse de Sorkin consiste à centrer le conflit sur le fonctionnement de la plateforme. The Social Reckoning sort en France le 7 octobre 2026, selon Sony Pictures.
Déplacer le regard vers Facebook
Dans l’entretien original de Vanity Fair, Sorkin explique vouloir traiter la division et l’extrémisme sans réduire son film à l’opposition entre deux camps politiques. Retirer les signes immédiatement associés à Trump peut donc orienter l’attention vers ce que Facebook favorise ou amplifie dans la circulation des contenus.
Cela ne rend pas le sujet apolitique. Les décisions d’une grande entreprise, le poids de ses dirigeants et les conséquences de sa plateforme restent des questions de pouvoir. L’absence d’un personnage politique reconnaissable modifie plutôt la manière de poser ces questions : le spectateur est invité à regarder un système, ses choix et ceux qui les révèlent.

Une lanceuse d’alerte et un journaliste au centre du récit
La présentation française officielle de Sony Pictures place au premier plan Frances Haugen, ancienne ingénieure de Facebook, interprétée par Mikey Madison. Elle s’allie au journaliste du Wall Street Journal Jeff Horwitz, joué par Jeremy Allen White, pour exposer des informations sur l’entreprise.
Jeremy Strong incarne Mark Zuckerberg. Le déplacement est donc aussi narratif : après The Social Network, qui suivait la création de Facebook, ce nouveau film annoncé comme son prolongement s’organise autour de ceux qui cherchent à rendre visibles les effets de la plateforme. Sorkin assure ici la réalisation.
Le récit d’enquête devient une autre porte d’entrée dans un sujet collectif. Le thriller Le Grand Réveil, consacré à l’infiltration des milieux complotistes, suit une autre démarche et une autre production, mais montre également comment une enquête peut structurer un film autour d’un phénomène de société.
Ce choix change la question posée au spectateur
Raconter des événements associés au 6 janvier sans nommer Trump oblige le film à établir ses propres liens entre comportements individuels, décisions industrielles et conséquences collectives. Cette contrainte est assumée par Sorkin ; elle ne constitue pas la preuve que le résultat convaincra tous les spectateurs.
L’enjeu à observer sera la clarté du récit : parvient-il à faire comprendre le rôle de Facebook sans s’appuyer sur les symboles politiques les plus familiers ? La déclaration du réalisateur renseigne son intention. Elle ne remplace ni les faits historiques, ni l’évaluation du film après visionnage.
La nouvelle bande-annonce officielle de The Social Reckoning, publiée par Sony Pictures France
Rendez-vous dans les salles françaises le 7 octobre
La bande-annonce française présente le duo Haugen-Horwitz et le rapport de force avec l’entreprise. La date du 7 octobre constitue le repère confirmé pour découvrir le film en France ; les horaires et les salles dépendent ensuite des programmations locales.
Pour les comédiens, incarner une personne identifiable exige aussi de construire un personnage au-delà de sa ressemblance. Notre guide pour construire un book de comédien concerne la présentation professionnelle en amont. Sur un autre projet, le casting du rôle de Gianni au théâtre à Paris distingue lui aussi l’âge réel du candidat et l’apparence recherchée pour le personnage.
Sources et crédits
Vanity Fair, entretien d’Aaron Sorkin ; Les Inrocks, 1er octobre 2026 ; Sony Pictures France, sortie, synopsis et photographie officielle.

